BREF HISTORIQUE DE L'ACUPUNCTURE EN OCCIDENT

Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’existent en occident intérêt et curiosité pour cette « médecine des chinois ».

La médecine chinoise a été connue en Europe par « les secrets de la Médecine des Chinois » publié à Grenoble chez P. Charuys en 1671 par un missionnaire français anonyme établi à Canton.

Quelques années plus tard, un médecin hollandais de la Compagnie des Indes ,Willem Ten Rhyne, (1683) publie un livre intitulé  « Dissertatio de Arthritide: Mantissa Schematica: De Acupunctura: Et OrationesTres »

Le XVIIeme siècle, sous l’impulsion des Jésuites de Chine et des chirurgiens de la compagnie des Indes, a tenté de situer les mécanismes physiologiques proposés par les chinois. Joseph NEEDHAM, grand historien anglais des sciences souligne que « dans les deux dernières décades du XVIIeme siècle, l’acupuncture (d’une certaine sorte) aussi bien que la moxibustion [1] étaient déjà largement pratiquées en Europe de l’Ouest ».

 Le XVIIIème siècle en a transmis le plan général en mettant l’accent sur certaines applications particulières, circonscrites mais exécutées fidèlement au plan d’origine (l’acupuncture et la moxibustion sont citées dans les manuels de chirurgie de Heister en 1718 et de Junker en 1722).


[1] Moxibustion : technique qui consiste à chauffer les points d’acupuncture.

La première moitié du XIXème siècle voit se creuser considérablement l’incompréhension de la pensée de l’acupuncture qui se trouve de ce fait réduite souvent à une pratique aveugle mal informée, conditionnée par une vision du corps vivant qui n’est pas celle des chinois (exemple « l’observation sur les effets de l’acupuncture »  de Cloquet et Plantu en 1828 dans Bibliothèque de thérapeutique vol 1).

A cette époque, le Docteur Louis Berlioz, père du célèbre compositeur français (Hector Berlioz) exerçait l’acupuncture à Paris.

Le très honoré professeur d’anatomie Jules Cloquet, chirurgien de Napoléon III a beaucoup pratiqué l’acupuncture en son temps, à l’instigation du non moins célèbre professeur Bretonneau qui a été vivement frappé par la guérison parfaitement inattendue d’un hoquet très rebelle par l’acupuncture.

Il faut attendre le XXème siècle avec une œuvre monumentale qui marque un tournant décisif pour l’occident tout entier dans la compréhension chinoise de l’être humain : c’est celle de George Soulié de Morant,qui publie en 1934 son « Précis sur la vraie acupuncture chinoise » s’appuyant constamment sur des citationstirées des derniers grands classiques chinois de l’acupuncture rédigés au XVIème siècle.

Dés lors, c’est tout un courant médical français qui s’engage dans la pratique et la compréhension de l’acupuncture pour aboutir en 1945 à la création de la Société Française d’Acupuncture par le docteur De La Fuye.

De nombreuses associations de médecins acupuncteurs verront ensuite le jour aussi bien à Paris qu’en Province.

Deux autres grands noms de l’acupuncture française marqueront leur temps, le Dr Chamfrault qui publiera de 1954 à 1963 cinq volumes d’un  » Traité de Médecine Chinoise  » et le Dr Nguyen Van Nghi qui rédige en 1971un monumental traité » Pathogénie et pathologie en médecine chinoise » dont l’influence a été et est toujours considérable dans le monde occidental

Ce très bref historique montre deux choses :

  • l’intérêt ancien et la curiosité pour la médecine chinoise.
  • le rôle important de l’Acupuncture médicale française en occident car son rayonnement a suscité la création de sociétés d’Acupuncture en Europe et ailleurs dans le monde et suscite encore maintenant intérêt et respectnotamment auprès de nos confrères chinois.